Pourquoi je privilégie une approche « bottom-up » dans l'accompagnement du psychotraumatisme ?

Lorsqu'une personne a vécu un traumatisme, son système nerveux peut rester bloqué dans un mode de survie. Bien souvent, elle sait intellectuellement qu'elle est en sécurité, mais son corps continue de réagir comme si le danger était toujours présent : tensions, hypervigilance, anxiété, sidération ou réactions émotionnelles intenses.

C'est pourquoi, dans ma pratique, je privilégie une approche « bottom-up » (de bas en haut). Plutôt que de commencer uniquement par l'analyse ou la compréhension des événements, le travail consiste d'abord à restaurer un sentiment de sécurité au niveau du corps et du système nerveux. Lorsque celui-ci retrouve progressivement sa capacité de régulation, les émotions deviennent plus accessibles, la réflexion plus claire et il devient possible d'intégrer les expériences traumatiques sans être submergé.

Cette manière de travailler s'appuie sur les connaissances actuelles en neurobiologie du traumatisme et s'inspire de plusieurs approches reconnues telles que l'hypnose, l'EFT ou l'EMDR.

L'objectif n'est pas simplement de comprendre ce qui s'est passé, mais de permettre au système nerveux de faire une nouvelle expérience de sécurité. C'est cette sécurité retrouvée qui ouvre progressivement la voie à une régulation émotionnelle plus stable, à une meilleure intégration des souvenirs difficiles et à un véritable processus de résilience.

On ne cherche donc pas d'abord à traiter le traumatisme mais à créer les conditions qui permettront à la personne de s'engager consciemment et en sécurité dans son processus de guérison.

Ce que montre réellement ce schéma

Il montre que la thérapie ne suit pas une logique :

souvenir → émotion → guérison

mais plutôt :

sécurité → régulation neurophysiologique → connexion → exploration → intégration.

Autrement dit :

La sécurité relationnelle précède le traitement du traumatisme.